Trump annonce que les États-Unis vont « redonner à l’Amérique son statut de nation unie sous l’égide de Dieu » au 17 mai 2026.
Il a fait cette annonce ce matin lors du petit-déjeuner national de prière à Washington, D.C., et il n'y avait aucun doute quant au « Dieu » dont il parlait.
Donald Trump, a annoncé que le 17 mai 2026, « nous allons réaffirmer l'Amérique comme une nation sous la protection de Dieu » lors d'une cérémonie sur le National Mall. Cet événement s'inscrit dans le cadre des célébrations du 250e anniversaire de l'Amérique. (1)
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a également pris la parole, rappelant à l'auditoire que « toute puissance, tout honneur et toute gloire appartiennent à notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ. Christ est Roi. » (1)
Voici la vidéo d'où viennent ces citations:
Quand un président annonce vouloir « consacrer à nouveau l’Amérique comme une nation sous Dieu », l’écho littéraire est immédiat.
Dans le livre fiction "La Servante écarlate" (The Handmaid's Tale), Margaret Atwood ne décrit pas une invasion extraterrestre ni une dictature futuriste improbable:
elle montre comment une démocratie moderne peut basculer, lentement, sous couvert de morale, de tradition et de religion vers un régime autoritaire et fasciste.
La République de Gilead, une théocratie totalitaire, ne naît pas d’un coup d’État spectaculaire, elle naît d’un discours:
celui d’un pays qui aurait « perdu ses valeurs », celui d’un retour à l’ordre moral, celui d’une nation qui se réunifie autour de Dieu.
Exactement le vocabulaire que l’on entend aujourd’hui dans certaines rhétoriques politiques républicaines américaines et dans le discours sans filtre de M. Donald Trump
Ce roman possède une logique simple et implacable.
- On affirme que la nation est en déclin moral.
- On présente la religion comme solution politique.
- On identifie des boucs émissaires : féministes, minorités, opposants.
- On restreint progressivement les droits au nom de la foi et de la sécurité.
Résultat: une théocratie autoritaire où les femmes perdent leur autonomie, la liberté d’expression disparaît, et la loi n’est plus la Constitution, mais l’interprétation d’un texte sacré par ceux qui détiennent le pouvoir.
Ce qui démontre un principe fondamental de toute vraie démocratie moderne: la séparation du politique et du religieux et montre que, quand cette séparation n'existe plus, le vivre ensemble démocratique ne peut exister.
Quand un dirigeant affirme que la nation doit être définie par une foi (ici chrétienne ET évangélique), il exclut automatiquement ceux qui ne la partagent pas (autres religions, athées etc).
Une « nation sous Dieu » n’est plus une nation de citoyens égaux, mais une caste de croyants se pensants légitimes et se sentant supérieurs aux autres qui sont juste tolérés, voire suspectés et à combattre.
Or l’histoire montre toujours la même dérive :
Si la loi s’appuie sur la religion, elle devient incontestable.
Si elle devient incontestable, elle n’est plus démocratique.
Et ce qui n’est plus démocratique finit toujours par devenir autoritaire.
La Servante écarlate n’est pas une prophétie : c’est un avertissement.
Elle rappelle qu’une démocratie ne s’effondre pas seulement par la force, mais par le langage, par les symboles, par l’idée rassurante qu’il suffirait de « revenir à Dieu » pour résoudre des problèmes politiques.
Le danger n’est pas la foi quand on est dans un pays laïque et démocratique,
Le danger, c’est quand la foi devient un programme imposé par un gouvernement.
Parce que, dans l’histoire comme dans la fiction, c’est souvent le premier pas vers la république de Gilead qui ne vaut pas mieux au final que le régime des mollah iraniens que Trump déteste....
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Sources:
(1)- https://christiannightmares.substack.com/p/trump-announces-us-will-rededicate