Rob Mieremet / Anefo, CC0, via Wikimedia Commons

Sortez les pantalons pattes d'eph et la boule à facettes: je vous propose une petite playlist de morceaux disco à (re)découvrir car quasiment oubliée en 2026 et j'aborde aussi l'histoire de la disco pour la remettre en place contextuellement: ça pique parfois !

Cette liste est un peu subjective (je les aime bien), car la disco ce n'est pas que Gloria Gaynor, les Beegees, Abba: il y a d'autres artistes majeurs que l'on a oublié en 2026 et qui ne passent même pas à la radio pour diverses raisons.....

On commence ce classement par:

 

 

Sylvester !

 

Comme vous le voyez, la disco en 1979, ça ne rigolait pas:
"Stars" est un morceau fleuve et flamboyant de 10mn32 (oui, plus de 10mn) qui donne envie de se lever et de danser, avec ce paradoxe final: il semble trop court !


Sylvester en 1978 faisait trembler les clubs avec “You Make Me Feel (Mighty Real)” avec sa voix de falsetto explosive, des paillettes, du maquillage, et une liberté sexuelle assumée à une époque où c’était presque un acte de rébellion et surtout, on pouvait finir en  prison pour ça.

Sylvester n’était pas seulement une star disco: il était noir, gay, flamboyant, androgyne et impossible à ranger dans une case.

Quand le mouvement “disco sucks” a déferlé à la fin des années 70, les radios ont brutalement abandonné la disco pour passer au rock et à la pop plus “acceptable” socialement pour l'extrême droite et les conservateurs qui ont tout faits et réussis pour mettre fin à la disco.
Les artistes associés à la culture gay et noire ont été les premiers écartés et surtout bannis de la radio.

Trop audacieux, trop queer, trop libre, trop gay, trop gênant, trop trop pour l’industrie des années 80, Sylvester a disparu naturellement des playlists… alors que son son a inspiré toute la house et la pop moderne.

La disco a survécu mais Sylvester, lui, a été effacé des ondes.... alors que pratiquement tous ses morceaux méritent d'être réécoutés, diffusés et transmis.....




Roberta Kelly

 

Roberta Kelly est née à Los Angeles en 1942 mais installée en Europe (Allemagne).
Elle devient à la fin des années 70 l’une des voix emblématiques de la disco produite en Allemagne.

Elle enchaîne les titres dansants qui cartonnent dans les clubs et sur les radios européennes.

Avec “Aie” en 1979, elle surfait sur une tendance très forte de l’époque:
la disco “exotique”: Rythmes pseudo-latins, paroles simplifiées, ambiance tropicale et festive…

Le morceau mélangeait des influences internationales pour créer un son immédiatement accrocheur sur les pistes de danse.

À l’époque, ce côté “world” était vu comme une ouverture sur le monde et une recette commerciale efficace.

Mais en 2026, ce type de production pose davantage question: beaucoup de titres disco de cette période utilisaient des clichés sonores ou linguistiques, sans réel lien culturel profond, simplement pour créer une ambiance “exotique” vendable.

La chanson "Aie" de Roberta est en (pseudo) Swahili, une langue très particulière d'Afrique de l'Est, et comme Roberta était américaine, né à Los Angeles, on a de sérieux doutes sur sa capacité de parler cette langue, et on pense qu'elle a appris à chanter phonétiquement cette chanson sans comprendre les paroles.

 


anecdote: De plus c'est une reprise de cette chanson de 1975 écrite et produite par les mêmes producteurs européens :



Les crédits officiels montrent que “Aie” est écrite par des auteurs européens :

  • Daniel Vangarde
  • Jean Kluger
  • Joseph Avion
  • Michel Jaspar

Ces auteurs ne sont pas des artistes swahiliphones, mais des producteurs disco européens blancs qui ont mis quelques paroles quasi phonétique en Swahili assez absconses pour africaniser le morceau et le rendre artificiellement exotique.

 

exemple: (extrait du début des paroles de cette chanson)

A.I.E. a mwana
Nina kwenda kwetu
Pamoja na mimi
Na batoto wotee

A.I.E. a mwana
Sasa iku usiku
Una choka mimi
Uta lala nayee


Baba Mama Rafiki
Bati ye ni musuri
Batoto yote yetu
Bati ye ni musuri

Baba Mama Rafiki
Bati ye ni musuri
Tuna penda we
Akii santi sana
Tuna penda we
Akii santi sanaA.I.E. a mwana

Nina kwenda kwetu
Pamoja na mimi
Na batoto wotee

.../...

 

A.I.E., mon enfant
Je vais à la maison
Avec moi
Et tous les enfants

A.I.E., mon enfant
Maintenant la nuit est là
Tu es fatigué
Tu vas dormir avec lui/elle

Père, mère, ami
Car il/elle est gentil(le)
Tous nos enfants
Car il/elle est gentil(le)

Père, mère, ami
Car il/elle est gentil(le)
Nous t’aimons
Merci beaucoup
Nous t’aimons
Merci beaucoup A.I.E., mon enfant

Je vais à la maison
Avec moi
Et tous les enfants

.../...

 

=> Le texte de “A.I.E. a Mwana” pose problème pour les locuteurs swahili car il contient de nombreuses erreurs de vocabulaire, de grammaire et de syntaxe, montrant qu’il s’agit d’une adaptation artificielle phonétique créée par des producteurs de disco européens plutôt qu’un texte naturel en swahili !!!

 

Aujourd’hui, ce genre d’approche est souvent critiqué comme une forme d’appropriation culturelle ou de caricature musicale.

Résultat: certains morceaux, pourtant énormes (comme ce morceau, un "banger" à sa sortie), sont devenus plus difficiles à programmer sans contexte.

au final ce n'est qu'un hit disco mondial blanc… mais avec un imaginaire “exotique” africain qui ne sonne plus aussi innocent qu’en 1978.
Ouille.



Edwin Starr

Edwin Starr: "Contact".

Né à Nashville et révélé chez Motown, Edwin Starr devient une star mondiale en 1970 avec le brûlot anti-guerre “War”.

Sa voix puissante et engagée en fait une figure majeure de la soul américaine.

Mais à la fin des années 70, installé en Europe, il prend un virage disco qui relance sa carrière sur les pistes de danse.

En 1979, “Contact” devient un énorme tube:

un morceau disco nerveux, presque futuriste, avec des choeurs très (trop ?) masculin porté par des synthés agressifs et son cri devenu culte: “Contact!”: Le titre cartonne dans les clubs et les charts européens.

Mais comme beaucoup d’artistes disco, Starr est rattrapé par le rejet brutal du genre au tournant des années 80.

Les radios abandonnent la disco, et avec elle ses interprètes.

Son passé soul engagé ne suffit pas à le maintenir dans les playlists, et sa période disco est longtemps restée dans l’ombre de son hit “War”.

Aujourd’hui, “Contact” est un classique des DJs et des amateurs de disco… mais rarement cité quand on parle des grandes voix de l’époque.

Un chanteur mythique de la soul, avec des tubes disco que les radios ont presque effacés.



(Pour ceux qui ne connaissent pas "War", morceau soul génial)


Bref, tout son catalogue "Soul" est toujours diffusé, mais son moment disco qui est pourtant une continuité de la Soul quand on y réfléchit a été mis à la corbeille et sciemment des diffusions radios.

 

Lime

 

 

Lime “Your Love”.

Duo canadien formé au début des années 80, Lime est l’un des groupes phares du son Hi-NRG, cette disco électronique rapide et synthétique qui fait vibrer les clubs après la chute de la disco classique.
"Lime" est formé par Denis LePage (qui enregistra le single The Break sous le nom Kat Mandu en 1979: un très gros hit à l'époque !) et Denyse Lepage, sa femme.


Bah oui, je vous met un classique disco en bonus: katmandu: The Break

Avec leurs productions futuristes et leurs refrains hypnotiques, ils deviennent des incontournables des pistes de danse underground.

Sorti en 1981, “Your Love” est l’un de leurs plus grands succès et marque une transition: une ligne de basse électronique implacable, des synthés froids et une énergie presque mécanique. Le titre cartonne dans les clubs et devient un classique du Hi-NRG, annonçant déjà l’esthétique de la house et de l’eurodance.

Mais ce son très électronique, associé aux clubs gays et à la scène nocturne, reste longtemps en marge des radios grand public. Au début des années 80, les stations préfèrent la pop plus douce ou le rock, laissant le Hi-NRG à l’underground.

Résultat : “Your Love” a marqué toute une génération de clubbers et influencé la dance moderne mais son nom reste largement absent des playlists nostalgiques des radios.

Un tube en avance sur son temps, trop club surement pour les ondes.


Azoto

 

Projet italien du producteur Celso Valli, Azoto apparaît à la fin des années 70 en pleine explosion de la disco européenne.

Entre l’Italie, l’Allemagne et les États-Unis, la scène disco devient alors un laboratoire sonore où les producteurs expérimentent avec les synthés et les rythmes électroniques.

Sorti en 1979, “San Salvador” est un morceau totalement atypique: voix robotique, refrain absurde, ambiance tropicale synthétique et production presque futuriste.

Le titre devient culte dans les clubs, notamment grâce à son groove hypnotique et son côté volontairement étrange.

Mais ce mélange d’italo-disco, d’humour et d’exotisme sonore déroute les radios grand public. Trop bizarre, trop électronique, trop club : le morceau reste cantonné aux pistes de danse et ne s’installe jamais dans la mémoire populaire comme les grands hits disco plus “classiques”.

Aujourd’hui, “San Salvador” est un secret bien gardé des DJs et des collectionneurs… mais presque inconnu du grand public, mais complêtement chantable sous la douche "Saaaaan Salvaaaaaador".

Le clip montre que la gestion artistique de cette musique n'est pas évidente,

et de mettre le chanteur quasi déguisé en clown entre des danseuses à plumes brésilienne est particulièrement foireux,

mais sa musique restera comme un tube underground.

Un classique des clubs, trop étrange pour les ondes qui est passé d'un morceau trop en avance sur son temps d'un coup en truc vintage kitsch.... Mais franchement, ça fonctionne grave.


El Coco

Derrière le nom "El Coco" se cache un projet studio de producteurs américains: Laurin Rinder et W. Michael Lewis, il s’agit d’un groupe de studio, conçu pour produire des titres efficaces destinés aux clubs et aux pistes de danse.

Sorti en 1977, “Cocomotion” (Part 1 & 2) est un long morceau disco instrumental, porté par une basse funky, des cordes luxuriantes et un groove irrésistible. Le titre devient un succès dans les clubs européens et s’impose comme un classique des DJ sets disco et surtout une ligne de basse étrange, répétitive et hypnotique.... (désolé si vous l'avez en tête toute la journée ensuite !).

Mais son format quasi instrumental malgré des choeurs et son absence de véritable star identifiable le rendent difficile à vendre aux radios.

À la fin des années 70, les stations privilégient les chanteurs charismatiques et les tubes courts, laissant ce type de disco orchestrale de plus de 10mn aux clubs.

Résultat: “Cocomotion” a fait danser toute une génération… mais son nom reste presque inconnu hors des cercles de passionnés.

Mais ce morceau a été samplé par la suite au moins une dizaine de fois ensuite:
Par exemple: par Jestofunk en 1995:

Au final un hit disco sans visage, resté coincé entre les bacs des DJs et des collectionneurs, parfois samplé dans d'autres hits.

 

Pino D’Angiò



Chanteur et compositeur napolitain, Pino D’Angiò devient une figure majeure de l’italo-funk au début des années 80 et est à la croisée des chemins.
Avec sa voix grave en phrasé parlé, son humour et ses grooves inspirés du funk américain, il crée un style unique, à mi-chemin entre disco, rap naissant et pop italienne.

En 1980, “Una notte da impazzire” avec sa basse slappée, avec son duo improbable ce morceau fonctionne très bien en clubs et dans plusieurs pays européens.

Mais chanté en italien et ancré dans une scène locale, le titre reste loin des standards anglo-américains que privilégient les radios internationales. Hors d’Italie et des cercles de DJs, il passe largement inaperçu, éclipsé par les hits disco anglophones.

Aujourd’hui, Pino D’Angiò est surtout connu pour “Ma quale idea”, tandis que “Una notte da impazzire” reste un bijou disco-funk malheureusement méconnu.


Jimmy Bo Horne

 

Chanteur originaire de Miami, Jimmy “Bo” Horne devient une figure régulière des pistes de danse à la fin des années 70.

En 1979, “Spank” devient son plus gros succès : une basse funky, un rythme disco imparable et un refrain aussi simple qu’efficace.
Le titre cartonne dans les clubs et s’impose comme un classique du dancefloor.

Mais derrière son énergie festive, le morceau repose sur un double sens sexuel évident: le mot “spank” (donner une fessée) et les paroles jouent sur une imagerie érotique assez directe, typique de la disco la plus chaude de l’époque.

À la fin des années 70, avec la montée du mouvement anti-disco et un retour à une pop plus “sage”, ce type de titre devient moins diffusé.
Trop suggestif pour certaines radios, associé aux clubs et à une culture nocturne jugée excessive, “Spank” disparaît peu à peu des ondes.

Aujourd’hui, le morceau reste un classique des DJ et des compilations disco (en encore)… mais rarement entendu à la radio.

 


Eartha KITT

 

Chanteuse, actrice et performeuse hors norme, Eartha Kitt est une star internationale dès les années 50, connue pour sa voix féline et son charisme provocant. Mais sa carrière américaine est brisée en 1968 après ses critiques contre la guerre du Vietnam à la Maison-Blanche : elle est blacklistée pendant des années aux États-Unis et a du continuer sa carrière en Europe.

Au début des années 80, elle trouve un nouveau souffle en Europe grâce à la scène disco. En 1983, “Where Is My Man” devient un énorme tube dans les clubs : une production Hi-NRG électronique, un texte ironique sur une femme cherchant un amant riche, et une interprétation théâtrale irrésistible.

Le morceau cartonne sur les pistes de danse, surtout dans les clubs gays européens, mais reste peu diffusé sur les radios grand public, qui voient encore Eartha Kitt comme une artiste “à part”, trop provocante et trop liée à la culture club... et gay.

Aujourd’hui, “Where Is My Man” est un classique de la disco des années 80… mais rarement cité parmi les grands retours de stars.

Bref, Eartha Kitt est une icône bannie des États-Unis mais revenue régner sur les dancefloors européens.

 

 

Debbie Jacobs

Chanteuse new-yorkaise issue de la scène club, Debbie Jacobs devient à la fin des années 70 l’une des voix favorites des dancefloors.

Produite par le DJ et producteur Patrick Adams, elle incarne une disco élégante, sensuelle et profondément liée à la culture des clubs.

Sorti en 1979: “Don’t You Want My Love” est un bijou disco: une ligne de basse chic, des violons et une interprétation douce et désirable mais décidée.

Le titre devient un énorme succès dans les clubs, notamment dans les scènes gay et underground.

Mais comme beaucoup de morceaux liés à la culture disco new-yorkaise, il souffre du rejet brutal du genre au tournant des années 80.

Les radios abandonnent la disco, et les artistes associés aux clubs disparaissent des playlists, au profit d’une pop plus formatée.

Résultat: “Don’t You Want My Love” reste un classique des DJs et des compilations spécialisées… mais un titre presque invisible sur les ondes grand public.

 

 

La disco: musique, culture et mouvement social


Origines et diversité

La disco, née dans les années 70 à New York et dans d’autres grandes villes, était bien plus qu’un genre musical.

Elle représentait un mélange multiculturel et social unique:

Racialement et ethniquement, elle réunissait Noirs, Latinos, Blancs, et incluait des musiciens et danseurs issus de communautés chrétiennes, musulmanes ou autres.


Idriss MUHAMMAD

Cet artiste musulman ET afro américain est à redécouvrir. (sa bio est ici).



La disco sexuellement était intimement liée aux clubs gays et aux espaces underground, offrant un laboratoire de liberté sexuelle et d’expression de genre.
Les clubs disco permettaient des rencontres entre personnes de différentes races et sexualités, y compris la formation de couples interraciaux, ce qui était encore tabou voir interdit dans beaucoup de régions américaines. dans une sorte de safe space lgbt friendly.

Rappel: Aux USA, la Cour suprême juge anticonstitutionnelles en 1967 les lois interdisant les mariages mixtes entre individus de couleurs différentes (arrêt Loving v. Virginia), mais la discrimination des couples inter raciaux évidemment était toujours de mise dans les années 1970. (Source)

Un club Mythique reste dans toutes les mémoires: "Studio 54" que l'on pourrait résumer en 4 photos (Merci Reddit!)

Source: https://www.reddit.com/r/TheWayWeWere/comments/1o4o39m/nyc_infamous_studio_54_from_77_to_80_as_the_place/

 

Source: Reddit

 

Source: Reddit

 

https://www.reddit.com/r/HistoricalCapsule/comments/1qa85hn/two_dancers_at_studio_54_in_the_late_1970s/

 

Révolution sociale et culturelle

La disco portait la révolution sexuelle et la libération corporelle.
Elle a permis aux communautés marginalisées (noirs, latinos, gays) de s’exprimer et se rassembler dans un cadre sûr et festif.
Les morceaux, les performances et l’esthétique (costumes flamboyants, danse libre, sexualité assumée) reflétaient une culture inclusive et radicalement ouverte pour l’époque.
 

Réaction conservatrice : “Disco Sucks”

La fin de la disco à la radio et dans les charts mainstream n’a pas été uniquement musicale: elle a été une réaction sociale et politique assez brutale.

La dominance culturelle de la disco, perçue comme une menace par les amateurs de rock blanc et les médias conservateurs,
La mixité raciale et l’inclusion sexuelle, vues comme subversives ou “contre-nature” par certains segments de la société de l'Amérique "blanche" et WASP.
La montée d’un discours conservateur et réactionnaire, visant à restaurer un ordre social blanc et hétérosexuel, notamment relayé par la radio et les médias.

 

Machine



Une chanson témoignage de l'époque assez cru et très dérangeante pour résumer la situation: "There But For The Grace Of God Go I" de Machine (1979).
Cette chanson très dérangeante et pourtant très dansante et nécessaire avait la particularité de vider parfois les dancefloors de 50% à l'époque car c'est une chanson militante et clivante qui traite de la non inclusion au final et de ses conséquences...

Ceux qui ne l'aimait pas l'attaquaient en disant que c'était une chanson extrêmement raciste, ce qu'elle n'a jamais été !

Carlos and Carmen Vidal just had a child
A lovely girl with a crooked smile
Now they gotta split 'cause the Bronx ain't fit
For a kid to grow up in
Let's find a place they say, somewhere far away
With no blacks, no Jews and no gays

There but for the grace of God go I

Papi and the family left the dirty streets
To find a quiet place overseas
And year after year the kid has to hear
The do's, the dont's and the dears
And when she's ten years old she digs that Rock 'n' Roll
But Papi bans it from the home

There but for the grace of God go I

Baby, she turns out to be a natural freak
Popping pills and smoking weed
And when she's sweet sixteen, she packs her things and leaves
With a man she met on the street
Carmen starts to bawl, bangs her head to the wall
Too much love is worse than none at all

There but for the grace of God go I

Carlos et Carmen Vidal venaient d'avoir un enfant.
Une très jolie fillette avec un sourire en coin.
A présent ils doivent s'en aller, car le Bronx n'est pas convenable,
Pour qu'un enfant y grandisse.
Allons trouver un endroit disent-ils, quelque part très loin,
Sans Noirs, sans Juifs et sans Gays.

Cela aurait pu tout aussi bien arriver à moi.

Papi et la famille quittèrent les rues obscènes,
Pour trouver un endroit calme à l'étranger.
Les années passèrent et l'enfant devait apprendre,
Ce qu'il faut faire et ne pas faire.
Et quand elle eut 10 ans, elle découvra le Rock 'n' Roll,
Mais Papi le bannit de la maison.

Cela aurait pu tout aussi bien arriver à moi.

Le bébé s'avéra être une marginale.
S'enfilant des pilules et fumant de l'herbe,
Et quand elle atteignit la douceur des 16 ans, elle emballa ses affaires,
Et partit avec un homme qu'elle a rencontré dans la rue.
Carmen commença à hurler, se cognant la tête contre le mur.
Trop d'amour est pire que de ne pas en avoir du tout.

Cela aurait pu tout aussi bien arriver à moi.


Notez qu'il existe deux versions et que je vous ai mis ici la version non censurée !
La version censurée remplace la drogue par l'obésité et la perte de sommeil:
".../... Baby, she turns out to be a natural freak

Gaining weight and losing sleep
And when she's sweet sixteen, she packs her things and leaves
With a man she met on the street
Carmen starts to bawl, bangs her head to the wall
Too much love is worse than none at all .../..."

On a le disco d'un côté avec les blacks, latinos, homos et le Rock blanc de l'autre et on devine une barrière assez étanche entre les deux.... Et ne pas pouvoir choisir de camps, comme l'explique cette chanson semble problématique.... Surtout quand on est latino....

Machine a sorti un unique album en 1979 puis le chanteur et créateur de Machine fonda le plus joyeux "Kid Creole and the coconuts" qui a pris des thèmes moins lourds et qui fit danser les années 1980....
 
Donc on a le Disco inclusif d'un côté et une amérique WASP et blanche de l'autre côté qui oppose à tout ça le Rock....
ça ne peut que mal se finir.....

 


Manifestations symboliques : Disco Demolition Night (1979), boycott médiatique et effacement des artistes disco issus des minorités et des clubs gays par un autodafe programmé de plus de 50 000 disques vinyls disco dans un stade de football américain par des gens plutôt sympas (edit: non) faisant des saluts nazis dans le stade. (Bonjour l'ambiance)

 


 

Des artistes comme Sylvester, Jimmy “Bo” Horne, Debbie Jacobs, El Coco, Eartha Kitt, Lime, Pino D’Angiò ont vu leurs morceaux disparaître des playlists grand public, malgré leur succès dans les clubs.
Les labels ont cessé de produire certains titres ou projets jugés “trop risqués” sur le plan social ou commercial.
La disco a survécu dans les clubs et les communautés marginalisées, influençant directement la house, la dance et l’eurodance des années 80 et 90.
 

Conclusion

La disco n’était pas seulement un style musical:

c’était un mouvement social, multiculturel et inclusif, mélangeant racines noires, influences latinos, participation blanche, et ouverture aux sexualités minoritaires.
Le rejet massif de la disco ("Disco Sucks") fut une réaction conservatrice et identitaire, visant à contenir la visibilité de ces communautés et leur influence culturelle.
Aujourd’hui, la disco est reconnue comme un catalyseur historique de l’inclusion sociale, même si son nom et certains artistes restent largement oubliés dans l’histoire populaire.

Au final: est‑ce que tout était bien dans la disco ?

La disco n’a pas été qu’une utopie festive: elle a été une révolution sociale, sexuelle et culturelle.

Quand la disco est devenue un phénomène commercial mondial, tout le monde a voulu sa part du gâteau, même sans talent ou cohérence.
Ex: Les Rolling Stones avec "Miss You" assez décrié à l'époque par les fans de toujours des Stones (mais quel hit !)
Des chansons disco bricolées à partir de vieux hits (oublions les)
Ou des parodies par wagons entiers: ex: Jean Yanne dans son film "Deux heures moins le quart avant Jésus Christ"




Les excès et dérives
La liberté sexuelle célébrée dans les clubs a aussi eu un revers: dans les années 80, la montée du sida a frappé durement les communautés qui avaient fait vivre la disco (notamment gays et noctambules), transformant certains lieux de liberté en contextes à risque sanitaire.
Parallèlement, la culture club était souvent mêlée à consommation excessive d’alcool et de drogues, avec des effets tragiques (accidents, dépendances) qui ont contribué à la mauvaise image de la scène.

Une popularité éphémère et paradoxale
Au pic de son succès, la disco a aussi engendré des chefs‑d’œuvre et des morceaux kitsch, des tubes intemporels et des curiosités oubliables.

Certains titres populaires ont été mal reçus par les critiques et le public hors clubs, renforçant l’idée que la disco donnait parfois la priorité à la fête plutôt qu’à la qualité artistique.
Et surtout, en 2026, on a oublié tous les mauvais morceaux de la disco produits parfois de manière industrielle....
La magie de la nostalgie au final qui nous fait remémorer tous les bons côtés et jamais les mauvais.....

 

La continuité de a disco existe toujours en 2026 avec Cerrone qui n'a jamais lâché l'affaire (gloire à lui),


Cerrone


Frank Moody,





Purple Disco Machine



Et pleins d'autres que je ne peux pas mettre ici par manque de place !

Bonne journée à vous tous et toutes.

Sources:

J'ai mis les liens en liens hypertextes directement ... dans le texte. sinon ça ferait une page entière !

Sinon ma liste disco contenant ces titres et plus de 250 autres peut être écoutée ici:
https://music.youtube.com/playlist?list=PL5O6pqk6tovr1Byrw7Bgu8dIO0etDnNHp&si=x50ZIGFdiSghakrF

 

Bonne écoute à vous !

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